Kharoub
Kharoub, c’est le fruit de la rencontre du Quintet Hamon Martin, l’un des groupes les plus créatifs de la musique bretonne d’aujourd’hui, et issu du premier concours interlycées de Lannion en 1996, avec le chanteur et oudiste palestinien Basel Zayed et son frère percussionniste Yousef. C’est en 2014 à Jérusalem qu’ils se sont lancés dans une exploration commune des traditions orales et populaires de Haute-Bretagne et de Palestine, mêlant également à leur répertoire des reprises de Fairouz, d’Oum Kalthoum avec des textes originaux de Sylvain GirO et de Denis Flageul. Ici se raconte en français et en arabe la résistance, la lutte, le partage et le vol.
Les rondes bretonnes deviennent un miroir de la dabké arabe et exaltent les joies, les peines, l’amour et la mort.
Kharoub, c’est aussi le fruit du caroubier, cet arbre méditerranéen qui se plaît sur les pentes arides.
À Nabih Saleh en Cisjordanie, petit village au nord de Ramallah, a lieu chaque vendredi depuis 2010 une manifestation pacifique visant à récupérer la source du village illégalement accaparée par la colonie voisine. Sur le flanc de la colline, un unique caroubier qui fait face à la colonie. Ce vendredi-là il devient un refuge où Mathieu Hamon se met à chanter à l’abri du soleil et des gaz lacrymogènes.
Hamon Martin Quintet est réputé dans le monde des musiques traditionnelles pour sa mise en valeur du répertoire de Haute-Bretagne. Depuis plus de dix ans, il se tourne également vers les musiques populaires d’autres aires culturelles et vers l’écriture et l’interprétation de textes originaux contemporains. Une trajectoire que partage pleinement Basel Zayed. Très connu en Palestine pour ses groupes Yalalan, Turab et Nawa et pour ses collaborations avec Marcel Khalifeh et le Palestinian Youth Orchestra ou encore avec Issa Boulos, Basel a grandi entre Ramallah et Jérusalem où il s’est imprégné à la fois des répertoires arabes classiques, populaires et contemporains mais aussi du jazz et des musiques improvisées. Au sein de Kharoub, Basel adapte un répertoire de tradition populaire du monde arabe et plus spécifiquement de Cisjordanie, une manière de montrer tout l’héritage culturel palestinien…
Pour le Quintet Hamon Martin, toute cette histoire a commencé par une invitation à jouer de la musique à Jérusalem, Hébron, et dans quelques communes de Cisjordanie en octobre 2014. Le village de Nabi Saleh, voulant relancer son festival, demande un soutien à l’Association France Palestine Solidarité. Et les voilà partis pour jouer de la musique, et tenter de rencontrer des artistes palestiniens.
À l’occasion d’un concert du Quintet au Théâtre National Palestinien à Jérusalem le 1er octobre 2014, ils rencontrent le chanteur et oudiste Basel Zayed venu récupérer son jeune fils qui assistait aux balances. Sur l’insistance de ce dernier, Basel repart à son domicile chercher son instrument et se joint au quintet pour une dernière pièce commune. Et la magie opère.
Avec :
Mathieu Hamon : chant
Basel Zayed chant : oud
Erwan Hamon bombarde : flûte traversière en bois
Janick Martin : accordéon diatonique
Ronan Pellen : cistre, dessus de viole
Erwan Volant : basse
Yousef Zayed : percussions